Ce cours présente les conjonctions, mots invariables qui relient des mots, des groupes de mots ou des phrases pour exprimer la cause, la conséquence, l’opposition ou l’addition. Vous y verrez la distinction entre conjonctions de coordination, introduites par la formule MAIS OU ET DONC OR NI CAR, et conjonctions de subordination, ainsi que leur lien avec le mode du verbe. Le cours explique leur importance en français, les comparaisons avec d’autres langues et les erreurs fréquentes à éviter.
1. Définition
Une conjonction est un mot invariable qui sert à relier deux mots, deux groupes de mots ou deux phrases entre eux.
Elle permet d’organiser le discours et d’exprimer des relations logiques : cause, conséquence, opposition, addition, etc.
En français, on distingue deux grandes familles : les conjonctions de coordination et les conjonctions de subordination.
On peut aussi relier plusieurs idées dans une même phrase en combinant des conjonctions :
- Il pleut, donc nous restons ici et nous jouons aux cartes. → conséquence puis addition
- Je t’attendrai jusqu’à ce que tu reviennes. → temps (limite)
- Prends un manteau puisqu’il fait froid. → cause connue de tous
2. Exemples simples pour illustrer
- J’aime le café et le thé. → addition
- Je suis fatigué mais je travaille. → opposition
- Il reste à la maison parce qu’il est malade. → cause
- Elle mange bien qu’elle n’ait pas faim. → concession
- Il viendra si tu l’invites. → condition
3. Les éléments des conjonctions en français
Les conjonctions françaises se divisent en deux grandes catégories. Voici leurs principales composantes.
3.1 Les conjonctions de coordination
Les conjonctions de coordination relient deux éléments de même nature grammaticale (deux noms, deux verbes, deux phrases indépendantes).
On les mémorise facilement grâce au moyen mnémotechnique : MAIS OU ET DONC OR NI CAR.
| Conjonction | Sens / Rôle | Exemple |
|---|---|---|
| mais | Opposition | Je veux partir, mais je reste. |
| ou | Alternative | Tu viens ou tu restes ? |
| et | Addition | Pierre et Marie arrivent. |
| donc | Conséquence | Il pleut, donc je prends un parapluie. |
| or | Transition logique | Or, je savais la vérité. |
| ni | Négation double | Il ne mange ni ne dort. |
| car | Cause (explication) | Je reste, car je suis fatigué. |
Ponctuation et emploi :
- On place en général une virgule devant mais, car et donc quand ils relient deux propositions.
- On ne met généralement pas de virgule devant et lorsqu’il relie seulement deux éléments : Paul et Léa.
- Ni s’emploie avec ne et se répète le plus souvent devant chaque élément : Je n’aime ni le thé ni le café.
- Car ne peut pas répondre à la question pourquoi ? : on dit Pourquoi pars-tu ? Parce que je suis fatigué. et non Car je suis fatigué ✗.
3.2 Les conjonctions de subordination
Les conjonctions de subordination introduisent une proposition subordonnée, c’est-à-dire une phrase qui dépend d’une autre.
La plus fréquente est que. Il en existe beaucoup d’autres, souvent formées de plusieurs mots : on les appelle des locutions conjonctives.
| Conjonction / Locution | Sens / Rôle | Exemple |
|---|---|---|
| que | Complément, déclaration | Je pense que c’est vrai. |
| parce que | Cause | Elle pleure parce qu’elle est triste. |
| bien que (+ subjonctif) | Concession | Il sort bien qu’il fasse froid. |
| si | Condition | Si tu travailles, tu réussiras. |
| quand / lorsque | Temps | Appelle-moi quand tu arrives. |
| pour que (+ subjonctif) | But | Je parle lentement pour que tu comprennes. |
| afin que (+ subjonctif) | But (soutenu) | Il explique afin que tout soit clair. |
| alors que | Opposition / temps simultané | Elle chante alors qu’il dort. |
L’élision : devant une voyelle, que devient qu’ (Je crois qu’il ment.). Les conjonctions terminées par que suivent la même règle : parce qu’, lorsqu’, puisqu’. En revanche, si ne s’élide que devant il et ils : s’il pleut, mais si elle vient.
Autres locutions utiles :
- Puisque exprime une cause évidente ou déjà connue : Puisque tu es là, aide-moi.
- Dès que marque une action immédiate : Dès qu’il arrive, nous partons.
- Même si exprime une concession avec l’indicatif : Je sors même s’il pleut.
3.3 Les conjonctions et le mode du verbe
Un point important en français intermédiaire : certaines conjonctions de subordination imposent un mode verbal particulier.
Il faut faire attention au choix entre l’indicatif et le subjonctif.
- Indicatif → parce que, puisque, quand, si, pendant que, dès que…
- Subjonctif → bien que, pour que, afin que, à moins que, avant que…
Exemples comparés :
- Il part parce qu’il est fatigué. (indicatif)
- Il part bien qu’il soit en forme. (subjonctif)
- Elle téléphone pour que tu saches la nouvelle. (subjonctif)
Attention à après que et avant que : selon la norme, après que se construit avec l’indicatif, car l’action est réalisée, tandis que avant que demande le subjonctif.
- Nous dînerons après qu’il sera rentré. (indicatif)
- Rentre avant qu’il fasse nuit. (subjonctif)
4. Pourquoi les conjonctions sont importantes en français
Sans les conjonctions, les phrases seraient courtes, isolées et difficiles à enchaîner.
Maîtriser les conjonctions, c’est apprendre à construire un discours cohérent et naturel.
- Elles permettent d’exprimer des nuances : opposition, cause, conséquence, but, condition…
- Elles structurent l’argumentation à l’oral comme à l’écrit.
- Elles sont indispensables pour rédiger des textes corrects et fluides.
- Elles apparaissent dans tous les contextes : conversation quotidienne, lettres formelles, examens.
- Certaines conjonctions déclenchent le subjonctif, un mode verbal très utilisé en français.
Comparez ces deux versions d’un même message :
- Sans conjonction : Il fait beau. Je vais au parc. Je suis fatigué. Je ne cours pas.
- Avec conjonctions : Il fait beau, donc je vais au parc, mais je ne cours pas parce que je suis fatigué.
La seconde version est plus fluide et montre clairement les liens logiques entre les idées.
5. Comparaison avec d’autres langues
Les conjonctions existent dans toutes les langues, mais leur fonctionnement peut varier.
Voici un tableau comparatif entre le français, l’espagnol et l’anglais.
| Sens | Français | Espagnol | Anglais |
|---|---|---|---|
| Addition | et | y / e | and |
| Opposition | mais | pero / sino | but |
| Cause | parce que | porque | because |
| Condition | si | si | if |
| But | pour que | para que | so that |
| Concession | bien que | aunque | although / even though |
| Temps | quand / lorsque | cuando | when |
| Conséquence | donc / alors | entonces / así que | so / therefore |
Points de vigilance pour les apprenants :
- En espagnol, aunque (= bien que / même si) peut se construire avec l’indicatif ou le subjonctif, comme en français.
- En anglais, although et but ne déclenchent jamais le subjonctif : c’est une spécificité du français et de l’espagnol.
- L’espagnol utilise y devant un son consonantique, mais e devant un mot commençant par [i] : padre e hijo. Le français, lui, utilise toujours et.
- En français, si (condition) ne se combine jamais avec le futur ou le conditionnel dans la même proposition : Si tu viens (présent), pas Si tu viendras ✗.
6. Erreurs fréquentes à éviter
- On ne dit pas malgré que dans un registre soigné : on préfère bien que (Il sort bien qu’il soit malade.).
- Il ne faut pas oublier le subjonctif après pour que : on dit pour que tu viennes et non pour que tu viens ✗.
- Il ne faut pas confondre ou (conjonction d’alternative) et où (lieu ou temps) : Tu veux du thé ou du café ? mais Où vas-tu ?
- Il ne faut pas employer mais deux fois de suite dans la même phrase, car le sens devient confus.
Sources
- Larousse : dictionnaire de français
- Bescherelle : conjugaison et grammaire
- Académie française : Dire, ne pas dire
Pour mettre en pratique ce cours :