La concordance des temps désigne la règle qui détermine le temps d’un verbe de proposition subordonnée selon le temps du verbe de la principale, comme dans « Je savais qu’il viendrait demain ». Ce cours explique comment choisir le bon temps dans le discours indirect, au présent comme au passé, puis dans les propositions conditionnelles. Vous y trouverez aussi pourquoi cette règle est importante, une comparaison avec d’autres langues, un exemple complet et un récapitulatif des points à retenir.
Qu’est-ce que la concordance des temps en français ?
La concordance des temps est une règle grammaticale qui explique comment choisir le bon temps verbal dans une phrase complexe. Elle dépend du temps utilisé dans la proposition principale. En d’autres mots, le temps du verbe dans la proposition secondaire change selon le temps du verbe principal.
Exemples simples pour comprendre
- Je sais qu’il vient demain. (présent → présent)
- Je savais qu’il viendrait demain. (imparfait → conditionnel présent)
- Il a dit qu’il était fatigué. (passé composé → imparfait)
Comme vous le voyez, le temps du verbe secondaire s’adapte au temps du verbe principal. C’est exactement cela, la concordance des temps.
Les éléments de la concordance des temps en français
La concordance des temps s’organise autour de plusieurs situations clés. Voici les principales composantes à connaître.
1. Le discours indirect au présent
Quand le verbe principal est au présent ou au futur, les temps dans la proposition secondaire restent naturels et logiques.
- Il dit qu’il travaille beaucoup. (présent)
- Il dit qu’il a travaillé hier. (passé composé)
- Il dit qu’il travaillera demain. (futur simple)
2. Le discours indirect au passé
C’est ici que la concordance des temps devient plus complexe. Quand le verbe principal est au passé, les temps de la proposition secondaire changent selon un système précis.
| Temps dans le discours direct | Temps dans le discours indirect au passé |
|---|---|
| Présent : ‘je mange’ | Imparfait : ‘il mangeait’ |
| Passé composé : ‘j’ai mangé’ | Plus-que-parfait : ‘il avait mangé’ |
| Futur simple : ‘je mangerai’ | Conditionnel présent : ‘il mangerait’ |
| Futur antérieur : ‘j’aurai mangé’ | Conditionnel passé : ‘il aurait mangé’ |
- Il a dit : ‘Je suis content.’ → Il a dit qu’il était content.
- Elle a expliqué : ‘J’ai fini le travail.’ → Elle a expliqué qu’elle avait fini le travail.
- Il a promis : ‘Je viendrai.’ → Il a promis qu’il viendrait.
Certains temps ne changent pas, car ils expriment déjà le passé ou l’hypothèse :
- L’imparfait reste à l’imparfait : ‘J’étais fatigué.’ → Il a dit qu’il était fatigué.
- Le plus-que-parfait reste au plus-que-parfait : ‘J’avais oublié.’ → Il a dit qu’il avait oublié.
- Le conditionnel reste au conditionnel : ‘Je voudrais partir.’ → Il a dit qu’il voudrait partir.
Les indications de temps changent aussi, car le moment de référence n’est plus le présent :
| Discours direct | Discours indirect au passé |
|---|---|
| aujourd’hui | ce jour-là |
| hier | la veille |
| demain | le lendemain |
| la semaine prochaine | la semaine suivante |
| maintenant | à ce moment-là |
Attention : quand l’information est une vérité générale, on peut garder le présent. Par exemple : Le professeur a expliqué que l’eau bout à 100 °C.
La concordance concerne aussi le subjonctif. Dans la langue courante, on emploie le subjonctif présent même après un verbe principal au passé : Je voulais qu’il vienne. L’imparfait du subjonctif (qu’il vînt) appartient surtout à la langue littéraire.
3. Les propositions conditionnelles
La concordance des temps est aussi très importante dans les phrases avec ‘si’. Voici le schéma classique :
| Proposition avec ‘si’ | Proposition principale |
|---|---|
| Présent | Futur simple |
| Imparfait | Conditionnel présent |
| Plus-que-parfait | Conditionnel passé |
- Si tu travailles, tu réussiras.
- Si tu travaillais, tu réussirais.
- Si tu avais travaillé, tu aurais réussi.
Erreur fréquente : après ‘si’ qui exprime une condition, on n’emploie jamais le futur ni le conditionnel.
- On dit : Si j’avais le temps, je viendrais (et non ‘si j’aurais le temps’).
- On dit : Si elle vient, nous partirons ensemble (et non ‘si elle viendra’).
On peut aussi combiner les temps quand la condition et la conséquence ne se situent pas au même moment : Si tu avais pris ton parapluie hier, tu ne serais pas malade aujourd’hui. (plus-que-parfait → conditionnel présent)
Pourquoi la concordance des temps est importante
Maîtriser la concordance des temps vous permet de parler et d’écrire de façon naturelle et précise. Sans cette règle, vos phrases peuvent sembler étranges ou difficiles à comprendre pour un locuteur natif. C’est une étape essentielle pour atteindre un français fluide et élégant. Elle est particulièrement utile pour raconter des histoires, rapporter des paroles ou exprimer des hypothèses.
Comparez : ‘Il a dit qu’il viendrait.’ et ‘Il a dit qu’il viendra demain.’ Dans la première phrase, on rapporte simplement ses paroles. Dans la seconde, on insiste sur le fait que sa venue est encore à venir au moment où l’on parle. Les deux formes sont possibles, mais le conditionnel reste le choix le plus sûr à l’écrit.
Comparaison avec d’autres langues
La concordance des temps n’est pas uniquement une règle française. Mais elle fonctionne différemment selon les langues.
| Langue | Concordance des temps |
|---|---|
| Français | Règle stricte et systématique, surtout au discours indirect et dans les conditionnelles. |
| Espagnol | Règle similaire au français, avec des changements de temps dans le discours indirect. Le subjonctif joue aussi un rôle important. |
| Anglais | Règle appelée ‘sequence of tenses’, moins stricte qu’en français. Certains anglophones simplifient les temps dans la langue parlée. |
Par exemple, en espagnol : ‘Dijo que estaba cansado.’ correspond exactement au français ‘Il a dit qu’il était fatigué.’ La logique est très proche !
Exemple complet
Voici un petit texte qui illustre la concordance des temps dans une situation réelle :
Marie a appelé son ami Paul. Elle lui a dit qu’elle était malade et qu’elle ne pouvait pas venir à la fête. Elle a ajouté qu’elle avait déjà acheté un cadeau et qu’elle le lui donnerait plus tard. Paul a répondu que ce n’était pas grave et qu’il lui souhaiterait un bon rétablissement.
- ‘était malade’ → imparfait (remplace le présent ‘je suis malade’)
- ‘ne pouvait pas venir’ → imparfait (remplace le présent ‘je ne peux pas’)
- ‘avait déjà acheté’ → plus-que-parfait (remplace le passé composé ‘j’ai acheté’)
- ‘donnerait’ → conditionnel présent (remplace le futur ‘je donnerai’)
À vous ! Transformez ces phrases au discours indirect en commençant par ‘Il a dit que…’.
- Phrase 1 : ‘Je pars en vacances.’
- Phrase 2 : ‘J’ai perdu mes clés.’
- Phrase 3 : ‘Je t’appellerai ce soir.’
Réponses : 1. Il a dit qu’il partait en vacances. 2. Il a dit qu’il avait perdu ses clés. 3. Il a dit qu’il m’appellerait ce soir-là.
Points à retenir
- La concordance des temps règle le choix du temps verbal dans les propositions secondaires.
- Au discours indirect au passé, les temps changent de façon systématique.
- Les phrases avec ‘si’ suivent des combinaisons fixes qu’il faut mémoriser.
- Cette règle existe aussi en espagnol et en anglais, avec des nuances différentes.
- Pratiquer avec des exemples concrets est la meilleure façon de l’intégrer naturellement.
Sources
- Grevisse, M. & Goosse, A. (2011) : Le Bon Usage. De Boeck.
- Riegel, M., Pellat, J.-C. & Rioul, R. (2018) : Grammaire méthodique du français. Presses Universitaires de France.
- Bescherelle (2019) : La Grammaire pour tous. Hatier.
Pour mettre en pratique ce cours :